
Comment j'ai construit mon OS personnel
Tu as une app pour les notes. Une pour les tâches. Une pour le calendrier. Une pour les idées. Une pour les projets. Une pour les finances. Une pour les habitudes.
Tu passes 30 minutes par jour à décider où noter quoi. À migrer des informations d'un outil à l'autre. À vérifier si tu as mis cette idée dans Notion ou Obsidian.
C'est ça, le problème.
Août 2024
Août 2024. J'ai tout cassé. J'ai fermé mes comptes. Exporté mes données. Et j'ai construit un système unique. Un OS personnel. Quelque chose que je contrôle de A à Z. Qui ne dépend pas d'une startup californienne. Qui ne change pas d'interface tous les trois mois. Qui fait exactement ce que je veux.
Pas un nouvel outil. Une architecture.
Voici ce que j'ai appris en construisant ça.
Un OS personnel n'est pas une app. C'est un système de décision.
Il répond à trois questions : Quoi faire ? Quand le faire ? Comment savoir si ça avance ?
Tout le reste est du bruit. Du confort. De l'optimisation prématurée.
J'ai choisi trois piliers.
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Capture : un seul endroit. Tout ce qui entre passe par là. Pas de décision. Pas de tri. Pas de choix. Juste un bac. Le mien est un fichier texte. Brut. Rapide. Disponible partout.
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Traitement : une fois par jour, je trie. Deux minutes par item. Action immédiate ? Délegable ? À planifier ? À jeter ? Pas de catégories complexes. Pas de tags. Juste quatre destinations.
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Exécution : le calendrier pour les rendez-vous. Une liste courte pour les tâches. Rien d'autre. Pas de sous-tâches infinies. Pas de labels colorés. Pas de priorités multiples. Juste ce que je dois faire aujourd'hui.
J'ai automatisé la surveillance.
Un script me dit chaque matin ce qui est en retard. Pas une notification qui me stresse. Pas une alerte invasive. Un rapport. Froid. Factuel. Je décide quoi faire avec. Ou je décide de ne rien faire. Mais je décide en connaissance de cause.
J'ai mesuré ce qui compte.
Pas le nombre de tâches cochées. Pas le temps passé. Pas les streaks. La distance parcourue sur mes objectifs réels. Chaque semaine, trois questions : Qu'est-ce qui a avancé ? Qu'est-ce qui a bloqué ? Qu'est-ce que je change ?
Tu n'as pas besoin de coder ton OS.
Tu as besoin de décider comment tu fonctionnes. Puis de choisir les outils qui servent ce fonctionnement. Pas l'inverse. Pas de te plier à la logique d'un outil parce qu'il est à la mode.
Le mien est un mélange de scripts Python, de fichiers texte et d'une base Airtable minimaliste. Le tien sera différent. L'important n'est pas la pile technique. C'est la cohérence. En septembre 2024, j'ai supprimé neuf vues inutiles parce qu'elles me donnaient l'impression d'avancer sans rien décider.
Si tu dois réfléchir plus de dix secondes pour savoir où noter quelque chose, ton OS est cassé.
Un OS personnel n'est pas une app. C'est une philosophie de traitement de l'information. C'est la conviction que ta mémoire externe doit être aussi fiable que ta mémoire interne. Que tes idées doivent être accessibles plus vite que tu peux les oublier. Que ta to-do list doit refléter tes priorités réelles, pas tes urgences perçues.
Ton OS personnel est le filtre à travers lequel passe toute l'information de ta vie. Si le filtre est bouché, tout est bouché. Si le filtre est clair, tout est clair. Ce n'est pas une question d'outils. C'est une question de clarté. De savoir ce que tu veux retenir. Et ce que tu veux laisser passer. Sans ce filtre, tu te noies dans l'information.
Construire un OS personnel, c'est accepter que ta mémoire est imparfaite. Que ton cerveau oublie. Qu'il confond. Qu'il surcharge. Et c'est okay. Ce n'est pas un bug. C'est une caractéristique. L'OS n'est pas là pour remplacer ton cerveau. Il est là pour le soulager. Pour qu'il puisse faire ce qu'il fait de mieux : penser. Créer. Décider.
Le shift
Le shift : un OS personnel n'est pas une collection d'outils. C'est une promesse que tu te fais sur comment tu traites l'information. Et cette promesse, tu la tiens. Ou tu la casses. Mais tu ne la délègues pas à une app.
Construis ton OS. Ou accepte de vivre dans celui des autres.
— Ilyass